
Richard Olivier : Never explained, Never restrained
Découvrez la diversité de l'œuvre cinématographique de Richard Olivier (en un clic) sur laplateforme.be !
L'œuvre de Richard Olivier est discrète et peu médiatisée. Son projet Big Memory met en lumière une initiative de valorisation du patrimoine cinématographique belge.
C’est à l’occasion de la numérisation de films de Richard Olivier par la Sonuma que nous consacrons un article au cinéaste Bruxellois, afin de mettre en lumière sa filmographie dans notre catalogue laplateforme.be. Ces numérisations sont l’occasion pour nous de revenir sur sa carrière, et notamment un de ses derniers projets : Big Memory. Une idée qui entre en résonance avec les objectifs de laplateforme.be : rendre visibles et accessibles les films belges.
Filmer le réel : Cinéaste de l’ordinaire et du marginal
“Aujourd'hui en tant que cinéaste, je n’ai plus de temps à perdre à raconter des histoires fictionnées. J’attends donc des autres qu’ils soient une fiction en eux-mêmes pour les filmer.” Richard Olivier, Big Memory, Cinéastes de Belgique, Les impressions nouvelles, p.247, 2011.
Richard Olivier réalise son premier film en 1971, un court métrage de fiction intitulé Y en a marre des bananes, pour lequel il reçoit une aide à la première œuvre, par le Ministère de la Culture française de Belgique, et qu'il définit comme un premier film "trop too much".
En 1973, il se lance dans le documentaire avec Leurs trucs en plume et fonde la société de production Olivier Films avec Monique Licht. C’est le début d’une longue coopération entre la productrice et le réalisateur. Nous lui connaissons également la réalisation de quelques épisodes de la série Strip Tease, mais c’est en 1981 qu’il s’affirme à l’international avec son documentaire musical sur Marvin Gaye.
Cinéaste de la marginalité, Richard Olivier s’immisce dans l’interdit ou plutôt s’éloigne de la bienséance avec des portraits crus, criards et parfois loufoques, miroirs d’une Belgique qu’on ne croit pas (re)connaître. Malgré l’exposition d’une réalité difficile, le documentariste ne s’éloigne pas d’une approche humoristique et humaniste. Régulièrement accompagné de son chien, Richard Olivier s’incarne en Columbo belge caméra au poing.
Big Memory : La grande collection de la cinématographie belge
En 2007, à 62 ans, Richard Olivier signe Esther forever, il est alors persuadé qu’il s’agit de son dernier film. La disparition inattendue de son ami et cinéaste Benoît Lamy lance l’étincelle d’un nouveau projet : Big Memory. “L’idée est toute simple, basique même : elle consiste à réunir sous un même label, sous une même ombrelle tous les cinéastes de ce pays.”
Ce projet a impulsé la réalisation de 170 portraits de cinéastes belges, respectant chacun une durée de 13 minutes. Jean-Pierre et Luc Dardenne ne font pas exception. Ces portraits, loin d’être de simples entretiens, permettent de parcourir l'éventail de regards sensibles qu’offre notre territoire, une véritable collection de parcours et de formes artistiques singulières. Vous serez ainsi invité dans l’atelier de sculpteur du père d’Olivier Smolders, comme convié également en toute intimité dans la chambre de Sarah Moon-Howe, huis-clos contenant encore ses rêves d’enfant.
Tout comme Richard Olivier avec Big Memory, laplateforme.be s’inscrit dans cet engagement de préservation et de valorisation des vidéastes et des œuvres audiovisuelles belges francophones, au service de notre patrimoine cinématographique.
Les portraits sont disponibles sur laplateforme.be, à découvrir nécessairement !
Quelques films de Richard Olivier sur laplateforme.be :
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Marvin Gaye transit Ostend, 1981 / 29' “I’m an orphan at the moment, and Ostend is my orphinage” - Marvin GayeLorsque Marvin Gaye débarque à Ostende en 1981, c’est d’abord pour écrire. Les dés du hasard le font échouer sur les berges du littoral Ostendais. Richard Olivier s’en va rencontrer cette figure mythique dont le destin tragique le fera disparaître prématurément, deux ans plus tard. Ostende, bulle protectrice, permet au cinéaste de se rapprocher du roi de la soul, et d’en esquisser un portrait, contribuant à rendre l’artiste immortel. |
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Marchienne de vie, 1994 / 58’ Accompagné de son chien, Richard Olivier investit un territoire précaire en chantier qui se meut au gré des grues et des bétonneuses. Si Le Monde la qualifie de “fiction cauchemardesque”, c’est que la puissance d’un réel ordinaire en devient “extra”, dès lors que la petite ville de Marchienne-au-Pont se fait miroir d’une désespérance sociale. |
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Peaux de chagrin, 1997 / 55’ Nous ne sommes pas dans l’antre morbide du Norman Bates de “Psychose”. Pourtant, il s'agit bien là de décortiquer le métier de taxidermiste, ou artisan de ce geste étrange de fabrication de “l’apparence de vie”. Peaux de chagrin conte les histoires des grandes peines de nos cœurs humains. |
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Elles m'ont dit, 2002 / 61' Dans ce long-métrage, Richard Olivier écoute les confessions amoureuses de six femmes. Tour à tour, elles parlent de rencontres, d’occasions manquées, de regrets et d’espoir. Sur la table du salon : des petits fours financés par la production. Sur le canapé : Richard Olivier qui tend l’oreille à ces récits intimes. |
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Esther Forever, 2007 / 87’ Le portrait émouvant d’une septuagénaire “incassable et inclassable”: Esther. Le film s’ouvre sur le récit absurde des causes du décès de son dernier compagnon de vie : un chat au pelage roux tout doux. Avec tendresse, Richard Olivier l’accompagne chez un taxidermiste avec les restes du malheureux félin. Richard restera auprès d’elle 6 ans, documentant sa lutte contre l’oubli et pour la beauté de ce qui reste.
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"Un pays sans cinéma
Est un pays sans miroir.
Un pays sans cinéma
Est un pays sans mémoire.
Un pays sans cinéma
Est un pays sans pays."
Richard OLIVIER




