
Hommage à Émilie Dequenne
La disparition d'Émilie Dequenne, le 16 mars dernier, laisse un vide dans le monde du cinéma. À 43 ans, la comédienne belge s’est éteinte, laissant derrière elle une carrière riche et pleine de promesses. Parmi ses rôles les plus marquants, c'est sans doute sa prestation dans Rosetta, qui a marqué les esprits et fait d'elle une figure incontournable du cinéma belge.
Rosetta : la révélation Émilie Dequenne
En 1999, Émilie Dequenne fait ses débuts au cinéma dans Rosetta, réalisé par Jean-Pierre et Luc Dardenne. On y suit le parcours d'une jeune femme en situation précaire, Rosetta, cherchant désespérément un travail pour s’en sortir. Le film, salué par la critique, se distingue par son réalisme brutal, sa caméra à l’épaule et son traitement intense des personnages. Rosetta remporte la Palme d'Or au festival de Cannes et, à seulement 17 ans, Émilie Dequenne remporte le Prix d’interprétation féminine.
En 2012, c’est pour À perdre la raison de Joachim Lafosse projeté au Festival de Cannes, qu’elle décroche à nouveau le Prix d’interprétation féminine. Ce drame poignant voit Émilie Dequenne endosser avec subtilité et retenue le rôle d'une mère de famille responsable d’un drame. Ce rôle lui a valu le prix d’interprétation féminine au festival de Cannes 2021, dans la catégorie Un Certain Regard, ainsi que son premier Magritte de la Meilleure actrice.
Ces deux films primés sont disponibles sur laplateforme.be : Rosetta et À perdre la raison
Plus de 50 films en 28 ans de carrière
Parmi ces films citons Pas son genre de Lucas Belvaux où elle incarne le rôle de Jennifer, jeune mère célibataire et coiffeuse, passionnée par Jennifer Aniston et le karaoké, qui développe une relation avec Clément, professeur de philosophie. Son interprétation lui vaudra son deuxième Magritte.
Elle apparaît également dans Les choses qu’on dit, les choses qu’on fait d’Emmanuel Mouret, un film qui explore le couple à travers la théorie du désir mimétique de René Girard. Sa prestation dans ce rôle lui vaudra son premier César.
Dans Close de Lukas Dhont, on la retrouve dans la peau de la mère d’un des protagonistes. Elle repart avec le Magritte de la Meilleure actrice dans un second rôle.
Enfin, dans TKT de Solange Cicurel, Émilie Dequenne incarne une mère confrontée au harcèlement scolaire de sa fille.
Le cinéma belge se souviendra d’une grande artiste dont les œuvres continueront de marquer les esprits.